40 Jours de Nuit, de Michelle Paver, Hachette Black Moon, 2012, 280 pages, 16.90€, 9782012022904.

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Résumé:

Hiver 1937. Jack part pour une expédition scientifique en Arctique, une échappatoire à son mal-être londonien. Du moins c’est ce qu’il espère. Mais très vite, ce voyage au pays des nuits interminables se transforme en cauchemar. Des cinq hommes engagés dans la mission, seulement trois prennent le départ : Jack, opérateur radio, Algie, chasseur et maître-chien de traîneau, et Gus, biologiste. Ils établissent leur campement sur la baie (de) Gruhuken où le capitaine du bateau refusait de les débarquer, visiblement effrayé. En peu de temps, Gus tombe malade, Algie l’accompagne, Jack reste seul. Dans leur cabane de trappiste, il se met alors à entendre des bruits, à apercevoir une silhouette... Est-ce vraiment son imagination qui l’engloutit jour après jour dans cette matière noire ?

Mon avis:

J'ai reçu ce livre dans le cardre d'un partenariat Livraddict avec hachette Black Moon, et je les remercie pour cette découverte. Ce roman, dont j'avais pu lire les premières pages en ligne, me semblait original et prometteur. L'univers des expéditions dans le Grand nord me plaît, et suivre un jeune héros au caractère solitaire dans un huis clos oppressant annonçait de bonnes choses. 

Le livre est pour l'essentiel constitué du journal d'expédition de Jack, et on le suit depuis sa rencontre avec l'équipe, jusqu'à la fin de l'expédition qui ne se déroulera pas comme prévu, bien évidemment! J'ai accroché à l'écriture de ce journal, spontanée, suffisamment détaillée pour qu'on se fasse une bonne idée de l'environnement et des protagonistes, sans pour autant être lourde en descriptions. Une fois arrivés sur place, à Gruhuken, on s'attend à ce que les choses s'emballent, comme annoncé dans le résumé, et à ce que l'angoisse monte en puissance, mais je dois avouer être restée sur ma faim à ce propos. Certes, les difficultés engendrées par le foid, puis la nuit permanente, donnent une dimension inquiétante au récit, et les "hallucinations" de Jack ajoutent à la dimension dramatique, mais je trouve que l'auteur est restée un peu trop sur la réserve. On saisit bien l'angoisse croissante de Jack une fois qu'il se retrouve seul, mais elle ne m'a pas contaminée, malheureusement, alors que c'est ce à quoi je m'attendais.

Peut-être que des lecteurs plus sensibles ou plus froussards seront embarqués dans ce climat paranoïaque et surnaturel, mais pour ma part, cela n'a pas fonctionné. J'ai donc apprécié l'univers des expéditions, l'intrusion dans la tête du héros qui plonge dans la peur et redécouvre les peurs ancestrales de l'homme face à cette solitude et au noir permanent. De même, les descriptions de la nature sauvage et grandiose du Spitzberg m'ont enchantée, mais la promesse d'épouvante n'a pas été tenue en ce qui me concerne. 

Néanmoins, l'avantage est que ce récit peut être lu assez facilement, et donnera quelques frissons aux jeunes lecteurs aventureux, à partir de 12 ans sans problème. Merci encore aux Editions Hachette pour ce partenariat.