Dix rêves de pierre, de Blandine Le Callet, Stock, 2013, 256 pages, 18€, 9782234074774.

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Résumé:

Certaines inscriptions funéraires possèdent un singulier pouvoir d’évocation ; leur lecture fait surgir le fantôme de personnes disparues depuis parfois des siècles. 
Blandine Le Callet réunit dans ce recueil des épitaphes authentiques, à partir desquelles elle imagine les dernières heures, les derniers jours ou les derniers mois du défunt. Elle ressuscite un jeune esclave à qui l’on vient d’offrir sa liberté, un philanthrope piégé dans l’étouffant huis clos d’un bordel parisien, deux êtres unis par un amour hors norme en route vers leur destin, une vieille dame acariâtre rédigeant son testament, et bien d’autres encore... 
Dix destins arrêtés par des morts douces ou violentes, subites ou prévisibles, solitaires ou collectives. 
Dix nouvelles tour à tour poétiques, féroces, tendres, dramatiques, nostalgiques ou grinçantes, dépeignant une humanité toujours assaillie par les mêmes passions, les mêmes peurs et les mêmes espoirs. 
Dix « rêves de pierre » pour conjurer l’oubli.

Mon avis:

En ce moment, depuis "Silhouette" de Mourlevat, j'ai envie de nouvelles. Ayant entendu parler, plutôt en bien, de ce recueil de Blandine Le Callet, et trouvant originale cette idée de partir d'épitaphes, je me suis lancée. Ma lecture a été agréable, mais sans plus. J'ai aimé le fait qu'elle choisissent des épitaphes de l'Antiquié à nos jours, mais j'ai trouvé que peu de ces nouvelles surprenait vraiment le lecteur. A cela s'ajoute un style d'écriture un peu trop simpliste à mon goût, et parfois maladroit. Enfin, j'ai trouvé un peu téléphoné et parfois inutile la récurrence du chien qui précède la mort, qu'on retrouve dans chaque nouvelle. Le procédé est un peu "grossier", mais peut-être que ça plaira à d'autres.

Malgré ces réserves, avouons que le choix des épitaphes est assez judicieux, parfois émouvant, parfois troublant... On se promène, comme des historiens de l'intime, dans ces tranches de (fin de) vies, curieux d'en connaître l'issue, et comme toujours dans les nouvelles, légèrement angoissés de la connaître. 

Elles sont, comme je l'ai déjà précisé, assez inégales, mais l'ensemble reste agréable à lire, et la dernière est bien trouvée, ce qui n'est pas toujours le cas dans les recueils de nouvelles. J'ai aimé aussi celle du mécène qui meurt dans un lieu de perdition, malgré une vie irréprochable ! Bref, un petit livre sympathique malgré ses défauts, qui plaira aux amateurs du genre, comme aux néophytes, pas avant 15/16 ans, et plus ciblé pour les adultes.

Je vous laisse méditer sur cette épitaphe de notre siècle: "Maman, tu as semé la zizanie entre tes enfants. Repose."