La Chimie des Larmes, de Peter Carey, Actes Sud, 2013, 326 pages, 22.80€, 9782330022310.

couv30304462

Résumé:

Le nouveau roman de Peter Carey fait dialoguer magistralement deux voix et deux destins.
Séparés par plus d’un siècle, deux êtres fous d’amour et de chagrin poursuivent le même but : alors qu’en 1854, Henry Brandling, un aristocrate anglais, cherche en Forêt-Noire un horloger capable de construire un jouet mécanique qui guérira son fils, Catherine Gehrig affronte en 2010 la mort de son amant secret en restaurant le même automate au sein du musée londonien où elle officie comme conservatrice.
Reliés par des carnets (que l’un écrit et que l’autre lit) et par leurs interrogations sur la mort, l’amour et la technique, ces deux personnages émouvants découvrent progressivement que ce jouet mécanique recèle des mystères bien plus grands.
La Chimie des larmes est un grand roman sur la force créatrice et sa participation à notre capacité de résilience.

Mon avis:

Je l'avoue, c'est la couverture qui m'a donné envie de lire ce roman. Actes Sud a le don pour ça d'ailleurs! Le résumé intriguant et les quelques croquis trouvés au fil des pages ont achevé de me convaincre, et me voilà embarquée dans une lecture étonnante.

Les deux voix qui s'entremêlent sont celles d'une femme de 2010 en plein chagrin suite à la mort de son amant secret, et d'un homme du XIXé siécle torturé par la maladie de son fils. Tous deux vont trouver un moyen de dépasser cette profonde tristesse, en se prenant de passion pour un objet étrange, une sorte d'automate inventé par Vaucanson, un canard digérateur, que l'un souhaite faire faire pour apporter de la joie à son fils, et que l'autre, horlogère hors-pair, est chargée de réparer. Même si les protagonistes sont très différents l'un de l'autre, une sorte de lien va se nouer dans la peine, à travers le temps et les lettres.

Cette histoire peut paraître étrange et légèrement folle au premier abord, et je vous confirme qu'elle l'est, même dans un second temps, à la lecture! Les sentiments extrêmes sont particulièrement présents, que ce soit la douleur de la perte, la peur de cette même douleur, la passion et la quête d'un élément sur lequel reporter son attention pour finalement se dégager de cette souffrance. C'est bien ce phénomène que l'auteur aborde à travers ces destins croisés, et les amateurs de romans à résonnance scientifique et/ou psychologiques seront comblés. Pour ma part, les longueurs, les informations techniques et le manque de rebondissements ont freiné ma lecture, mais je ne peux que souligner l'originalité de ce livre et de son sujet. Pour les curieux, amateurs d'objets (et de livres) loufoques.