Au bout des longues neiges, de Jean-Côme Noguès, Nathan Jeunesse, 4 septembre 2014, 256 pages, 15.90€, 9782092555668.

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Résumé:

Irlande, 1846. La famine touche durement la famille de Finnian O’Connell, jeune garçon d’une douzaine d’années. Son grand frère Shelagh convainc ses parents d'embarquer avec leur quatre enfants pour le Canada, en quête d’une vie meilleure. Après une traversée difficile, la famille parvient enfin à bon port. On leur attribue, comme à tous les émigrants irlandais qui arrivent en nombre, une concession. Là, ils doivent recommencer leur vie: construire leur maison avant l’arrivée de l’hiver, subsister par tous les moyens, grâce aux ressources de l’immense forêt. Mais les Indiens ne voient pas d’un bon œil ces nouveaux arrivants...

Mon avis:

Jean-Côme Noguès est un auteur qu'on ne présente plus, très connu des collégiens notamment pour son très bon "faucon déniché". Il nous offre ici un roman court et poétique sur la vie des émigrés irlandais au Canada. Nous suivons un jeune garçon, Finnian, et sa famille, au cours de la traversée et des premiers mois d'installation au Canada. Tous les membres de cette famille ne vivent pas les choses de la même manière. Finn, lui, est emballé par cette aventure. Il rencontre notamment un trappeur solitaire qui le captive, et un jeune indien sourd-muet avec qui il découvrira la rudesse de son nouveau pays, et celle de l'amitié.

Au bout des longues neiges, il y a un commencement. Comment, après avoir été déraciné, peut-on recommencer sa vie. Il faut apprivoiser ses craintes, la nouvelle terre, les nouveaux voisins et leurs coutumes. Tout comme les greffes, c'est parfois en blessant l'arbre qu'on obtient une greffe plus profonde, solide et durable.

Jean-Côme Noguès ne s'attarde pas sur l'intrigue. Il s'intéresse au points de vue des personnages, aux images fortes de cette grande traversée et de l'arrivée au Canada. Avec une grande poésie, et un langue riche et savante, il peint un Canada majestueux, inquiétant et envoûtant. Les colons se sentent bien petits dans leur concession, et ils mettrons parfois plusieurs générations pour s'y sentir chez eux.

Cette famille irlandaise est une démonstration de courage et de tolérance. Les indiens qui se sentent parfois agressés sont fiers et pleins de respect pour cette Terre qui est la leur. Ils attendent des arrivants qu'il en soit de même les concernant, sinon, gare aux problèmes!

Une fresque magnifique qui apporte de nombreuses réflexions sur les sujets du déracinement, de l'exil, de la découverte de l'autre et des l'espérance. Pour tous (mais tout de même bons lecteurs car la langue, et surtout la syntaxe, sont assez travaillées), dès 10 ans.

"Tout était l'inconnu pour Finn, passé une certaine limite. Tout était le pays natal pour Plume-Noire qui, de sa vie, n'en connaîtrait pas d'autres et ne désirait aucun ailleurs où son coeur aurait été moins le frère des arbres, des rochers et des eaux."

"Le Canada parviendrait-il à faire cohabiter le défricheur avide de creuser toujours plus loin ses labours et l'homme-premier qui se sentait le fils de cette terre? Un jour, peut-être..."


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Cette chronique fait partie de mon partenariat avec Nathan Jeunesse - Lire en Live! Merci à cette maison d'édition pour ce partenariat, qui fut une jolie lecture profonde et captivante!